Raccourcis / Interface

Interface graphique

L’interface de Sonic-Pi est simple et ne comporte que peu de fonctionnalités. Il s’agit donc de bien la comprendre afin de s’éviter beaucoup de désagréments ultérieurs. Au-delà même des simples informations affichées, un grand nombre de fonctionnalités sont pensées pour faciliter l’édition du texte.

Ouvrez la version du logiciel nouvellement téléchargée. Vous devriez observer une interface similaire à celle-ci :

Panneau supérieur gauche : lecture, stop, enregistrer, charger, sauvegarder.

Panneau supérieur droit : visualisation graphique du son, informations, documentation, options.

Central : buffer de texte, sélection du buffer de 0 à 9.

Panneau inférieur : documentation et exemples. Votre meilleur ami.

Panneaux latéraux droits : configurable. Ici, journal des messages et lissajous.

Vous devriez vous trouver sur la version 3.1.0. Il est possible d’avoir accès à des versions plus avancées à et des fonctionnalités encore en test en soutenant financièrement Sam Aaron sur sa page Patreon. Sonic-Pi est un logiciel gratuit et open-source, dont le développement est soutenu principalement par sa communauté. Si vous prenez goût à Sonic-Pi, je vous encourage à soutenir son financement.

Il est possible de passer d’un thème clair à un thème sombre et de redimensionner un grand nombre des panneaux visibles à l’écran. Choisissez ce qui vous est le plus confortable.

Interface graphique, lecture du buffer

Vous passerez l’essentiel de votre temps à saisir du code dans le buffer de texte au centre de l’écran. Il est lu du haut vers le bas, de gauche à droite, et il n’existe aucune exception à ce fonctionnement. L’édition reste possible lorsque le buffer est envoyé au serveur, et il devient dès lors possible de relancer de multiples fois un même buffer pour le mettre à jour.

le live-coding se veut dynamique. Vous écrirez en général peu entre chaque modification, et vous passerez un certain temps à observer le code et à écouter comment celui-ci se comporte. L’envoi au serveur d’un nouveau buffer ne créera jamais de conflit mélodique ou rythmique : les informations sont tout bonnement remplacées, et le buffer sera mis à jour lors de la prochaine itération si boucle il existe.

Certains éléments de langage n’auront pas cet effet, et nous essayerons de ne pas trop les employer pour éviter de perdre la main sur des fragments entiers de code.

 Ctrl + + et Ctrl + – vous seront utiles pour modifier la taille de la police de texte. N’oublions pas ce raccourci, il est souvent requis de redimensionner pour avoir une vision générale de votre performance.

 

Contrôles de lecture

Ces contrôles sont des automatismes que vous apprendrez. Par leur fréquence d’utilisation, ils seront bientôt une seconde nature. Une partie de l’édition dans Sonic-Pi demande de faire travailler un minimum votre mémoire musculaire.

Ctrl + R : Jouer le buffer (panneau d’édition actuel).

Ctrl + S : Stopper le buffer.

Stopper le buffer a pour effet de générer un court fade-out qui porte l’amplitude générale du son à 0. Ce n’est pas nécessairement le comportement idéal pour certains types de performance. Vous n’aurez toutefois généralement pas à vous préoccuper de stopper le code en cours de lecture. Vos premiers pa vous mèneront à générer d’atroces bips, et vous accueillerez ce fade-out comme un évènement salutaire.

Raccourci essentiel

Plus des trois quarts des questions et des incompréhensions liées au logiciel sont issues d’une mauvaise ou d’une non-lecture de la rubrique d’aide intégrée. N’oubliez jamais : Ctrl + I rend visible le panneau d’aide, F1 permet d’obtenir la documentation liée à un mot précis — au survol du mot par le curseur —.

Vous y trouverez non seulement une aide, mais aussi des exemples, une description exhaustive des synthétiseurs, effets et échantillons sonores fournis avec le logiciel. Le langage est également décrit dans son intégralité. La documentation reste majoritairement rédigée en anglais.

 

Edition du texte

L’édition du texte dans le buffer est à l’heure actuelle (3.1.0) assez rudimentaire. Le live-coding demande une certaine dextérité et une bonne connaissance du clavier pour pouvoir rapidement éditer le code et être assez actif. Aussi bête ce conseil puisse-t-il être : entraînez vous à frapper les touches rapidement et avec précision. Ce sera l’équivalent de pratiquer vos gammes.

La connaissance d’un bon éditeur de texte[0] (Vim, Emacs) est recommandée. Votre dextérité et votre agilité musicale, parfois, en dépendront. Je consacrerai un article futur à l’utilisation de Sonic-Pi hors de son interface graphique standard, ce qui permet d’avoir un contrôle plus fin sur l’édition.

Sonic-Pi intègre quelques uns des raccourcis d’édition les plus traditionnels. Vous pouvez les apprendre non seulement pour Sonic-Pi mais aussi pour votre vie courante. Ils fonctionnent dans l’immense majorité des applications (votre navigateur compris). Ces raccourcis viennent historiquement d’Emacs.[1] Ils sont malheureusement très lacunaires : il n’existe pas à l’heure actuelle de fonctionner de recherche (en avant ou en arrière) avec Ctrl + F. Il est donc d’autant plus nécessaire de se déplacer rapidement. Voici les raccourcis essentiels :

Ctrl + E : aller en fin de ligne.

Ctrl + A : aller en début de ligne.

Ctrl + B (back) : reculer d’un caractère

Ctrl + F (forward) : avancer d’un caractère.

Ctrl + P (previous) : aller à la ligne supérieure

Ctrl + N (next) : aller à la ligne suivante.

Ctrl + K (kill) : supprimer les caractères jusqu’à la fin de la ligne.

Configuration du logiciel

N’hésitez pas à naviguer dans les options du logiciel. Il est parfois essentiel de modifier certains paramètres pour utiliser certaines des fonctionnalités avancées :

  • Activez la possibilité de recourir à des synthétiseurs externes.
  • Je vous conseille pour le moment d’utiliser le canal MIDI 1 par défaut, d’activer l’OSC, et d’activer la réception des messages OSC.
  • Paramétrez le reste des options pour obtenir la configuration qui vous est la plus confortable.

La transparence ne vous est pas utile dans l’immédiat, mais le sera plus tard. C’est une tradition — et un devoir ? — de projeter le code de votre performance sur un écran au sein de la communauté des live-coders. La transparence vous permettra de jouer des animations visuelles sous votre code[2], rendant la projection plus agréable pour votre auditoire. Montrer votre code est une forme de partage, de la même manière qu’un guitariste jouant  sur scène est visible. Toujours par tradition, la communauté du live-coding cherche à établir une plus grande proximité entre le musicien, son audience, et à affirmer la présence d’un instrument (ici l’ordinateur; par la manipulation du code).

En guise d’exemple, voici une capture d’écran d’une performance de Sam Aaron :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[0] Editeur : évitez au maximum l’utilisation de la souris. Trouvez une posture adéquate. Disposez votre clavier à la bonne hauteur, etc.. L’éditeur est déjà moins important si vous remplissez ces conditions.

[1] Emacs : Overtone, autre langage codé par Sam Aaron s’utilisait principalement sous Emacs. Le principe des buffers dans Sonic-Pi est un héritage direct de ce logiciel. La description des raccourcis par Sam Aaron dans les options utilise la terminologie traditionnelle d’Emacs, etc.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[2] Transparence : vous pouvez plus trivialement vous en servir pour surveiller un autre logiciel de création musicale situé derrière Sonic-Pi, ou même afficher la documentation en transparence. Pensez-y !